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 15 juillet 1406: Lettre de Jean Sans Peur, duc de Bourgogne à Boucicaut, gouverneur de Gênes .

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Boucicaut (Gamot)

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MessageSujet: 15 juillet 1406: Lettre de Jean Sans Peur, duc de Bourgogne à Boucicaut, gouverneur de Gênes .   Mar 25 Oct - 21:52

Lettre de Jean Sans Peur, duc de Bourgogne, à Boucicaut, gouverneur de Gênes.
Paris, 15 juillet 1406

Citation :
Le duc de Bourgoingne, Conte de Flandres, d'Artois et de Bourgoingne.

Très chier et amé cousin, en continuant ce que par plusieurs fois vous avons escript, prie et requis, et par especial
derrenièrement à grant instance et très affectueusement pour le fait de nostre cité et seigneurie de Pise, nous vous signifions que Mgr d'Orléans et nous, — qui, depuis l'escripture de nos derrenières lettres a vous envoyiés, nous sommes conjoins ensamble a ladicte seigneurie et cité de Pise pour icelle tenir et possider d'un commun accord d'ores en avant de Mgr le roy et soubz sa main et obeyssance, — Luy avons ensamble, nagueres qu'il est retourné en sa bonne santé, en laquelle par son doulz plaisir [Dieu] le vuille maintenir bien a plain, remonstré le traitié pieça fait avecques les Florentins par Gabriel des Vicontes de Milan, sans son sceu et consentement et contre la volente des Pisainz, sur la venutoli et transport de ladicte cité, seigneurie et territoire de Pise, et comment par vertu d'iceulx vendition et transport et par vostre confort, aide et souffrance lesdiz Fleurentins ont pieça mis le siège devant icelle cité de Pise à grant puissance de gens d'armes, qui moût de grans dommages, griefs, oppressions leur ont faiz et font de jour en jour; leur ont aussi arresté, prins et empeschiéz les biefs et autres vivres que on menoit en la cité de Pise pour la sustentation et nourrissement du peuple et habitans en icelle.

Parquoy iceulx habitans sont en voye d'estre menez a extrémité et la dicte ville prinse et occupée et destruite par lesdiz Fleurentins ; laquelle chose, s'il avenoit, que Dieu ne vueille, seroit très deshonnorable à mondit Sgr le roy et très dommagable à mondit Sgr d'Orléans et à nous. Lequel deshonnour et dommage nous tenons tous et devrions tenir aven eu par vostre fait et deffault et ne seroit jamais que n'en eussions souvenance, mesmement que eulx qui se sont donnés à mondit Sgr d'Orléans et à nous soubz l'obéissance de mondit Sgr le roy, comme devant est dit, pour eschever principaulment la puissance et seigneurie desdiz Florentins, lesquelx ils ont tousjours tenus et reputéz pour leurs annemins capitaux et en espérance de vivre en paix et transquilles soubz mondit Sgr le roy, et nous seroient par ce frustrés et desceuz de leur embicon et désir et mis a destruction.

En oultre, avons aussi, mondit Sgr d'Orléans et nous, ramené à mémoire à mondit Sgr le roy que quant autresfoiz, il fu question de la dicte seigneurie de Pise baillier et transpourter ausdiz Florentins, vous feustes cellui qui de tout vostre povoir desconseillastes et dampnastes ledit transport et bailestre fait ausdiz Florentins, pour les grans dommages et périlz et inconvéniens irréparables qui par ce pourroient avenir à mondit Sgr le roy. Et néantmoins depuis ces choses, vous, au pourchas d'aucuns ou autrement de vostre volonté ne deue, vous estes avec ledit Gabriel condescenduz et accordez à ladicte alienation et transport. Pour laquelle chose, vous les in convéniens dessusdiz sont advenus à nostre dicte ville et seigneurie de Pise.

Et pour ce sur ce pourveoir et remédier, avons, comme vous savez, piéça envoie par devers vous nostre amé et féal chevalier et conseillier Messire Grirard de Bourbon, qui de par nous vous a dit et exposé aucunes choses féablement et très affectueusement comme enchargié lui avions et depuis vous en avons escript par pluseurs foiz.

Avons aussi, mondit Sgr d'Orléans et nous, remonstré à mondit Sgr comment pour pourveoir au bien et secours desdizPisains, ses subgiez et les nostres, il et madame la royne vous avoient escript bien a plain sur ceste matière leur volente et entention, et nous aussi celle de mondit Sgr d'Orléans et la nostre. Mais, tout ce non obstant et que ledit Messire Girart ait très diligemment poursuyvi devers vous ce que enjoingt et chargié lui avions, vous avez dissimulé et différé et encoyres dissimules et diffères, ce nous semble, à obéir aux mandemens de lui et de ma dicte dame et à obtempérer a noz prières et requestes, qui est et bien estre doit au très grant desplasir de mondit Sgr et de madicte dame, et grandement redondé ou dommaige de mondit seigneur d'Orléans et de nous.

Et pourroit encore plus fere on temps advenir, par ce que dit est, se remède n'y estoit mis. Donc, mondit Sgr d'Orléans et nous, avons mondit Sgr le roy très humblement supplié. Pour laquelle chose, mondit Sgr, qui sur les choses dessusdictes a eu grant et meure délibération avecques pluseurs de son sang et lignaige et autres de son grant conseil, a- esté bien joyeux de l'acceptation de ladicte seigneurie de Pise faicte par mond. Sgr d'Orléans et nous, et bien esmeuz et courouciéz dudit traictié et accord fait par vous et ledit Gabriel ausdiz Florentins. Et pour ce, ne veult aucunement icellui transport avoir ne sortir aucun effect, mais Fa révoqué et adnullé par ces lettres patentes, avec tout ce qui depuis s'en est ensuy; et en outre vous escript, mande et commande par ses autres patentes, tant expressément que plus puet, et sur tout la foy, loyalté et obéyssance que vous luy devez, et sur quanque vous vous povez meffaire envers lui et doubtez encourir a tousjours mais son indignation, que tantost et incontinent ces lettres veues et receues, vous, toutes excusations cessans et autres choses arriéres mises, faictes exprès commendement de par mondit seigneur et de par vous en son nom à tous ses subgiez de sa seigneurie de Gennes et autres, sur lesquelx vous avez puissance, qu'ilz partent tantost et sans délay du service, aide et secours desdiz Florentins encontre les Pisains, et yceul faictes entrer et emploier ou service, aide et confort desdiz de Pise contre lesdiz Florentins.

Et en oultre, vous mande mondit seigneur et commande comme dessus que toute la puissance que vous porrez avoir et finer tant de ses féaulx et subgiez de sa dicte ville et territoire de Gennes comme autres, vous aidiez, confortez et se
courrez lesdiz Pisains nos subgiez par force d'armes et par toutes aultres voyes et manières que faire le pourrez. Et avecquesce, que le plus tost et hactivement que faire se pourra, vous faictes que les vivres qui sont au Port Pisain et qu'il y vendront doresenavant, s'aucuns en y a appartenant à nostre dicte ville et territoire et seigneurie de Pise, soient mis et trais en icelle nostre cité de Pise, et que l'aler et venir par eaue et par terre au chastel de Livorne et autres lieux et forteresses appartenant à nostre dicte seigneurie de Pise soient forcloux entièrement ausdiz Florentins et à leurs gens et adhérens, et ouvers et h abandonnez ausdiz Pisains noz soubgiez et a leurs aidans et complices.

Et combien, très cher et amé cousin, que pour les choses dessusdictes entériner et acomplir diligemment et par la ma nière dessusdicte vous devoit bien souffire des mandemens et commandemens que vous en fait mondit seigneur, toutesvoies nous, qui tousjours vous avons amé et réputé comme vous savez pour l'un de nous bons et espéciaulx amis, vous prions et requerons le plus affectueusement et acertes que nous povons et sur tout le service et plaisir m aiz nous désirez faire que les choses dessusdictes vuillez entériner et acomplir. Et en oultre, pour ce que, par aucunes lettres envoyées par ledit Messire Girard à aucuns de noz chevaliers nous est apparu que vous, en parlans à lui, avez dit que, se nous déifions lesdiz Florentins, vous les deffieux aussi, sachiez que monseigneur d'Orléans et nous les envoyons déifier, se ils s'entremettent (?) de donmaigier les Pisains : si vous requérons que lesdiz Florentinsvu eilliez déifier pareillement et faire par telle maniere que n'y ait dommaige, ne seusine ou préjudice de monseigneur d'Orléans et de nous; ou autrement il sera bien en lapuissance de nous deux de vous faire pourchacer un aussi grant desplaisir comme fait nous auriez, se par vostre fait, faulte et dissimulation perdions ladicte seigneurie et cité de Pise, que Dieu ne vueille, qui vous ait en sa saincte garde.

Escript à Paris le XVe jour de juillet.

(Au dos) Copie de la lettre que monseigneur de Bourgongne,
envoyé au gouverneur de Jannez .

Source: Archivio Secreto du Vatican, Benoît XIII, registres d'Avignon, tome XXVIII f. 576-577, copie, écriture du début du XVe siècle.)
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