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 11 juillet 1419 La Paix du Ponceau

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Boucicaut (Gamot)

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MessageSujet: 11 juillet 1419 La Paix du Ponceau    Sam 24 Sep - 14:05

La Paix du ponceau est signée le 11 juillet 1419 à Pouilly-le-Fort.
Elle marque le rapprochement politique entre Jean sans Peur et le dauphin.
Le duc de bourgogne, en effet inquiet des progrès militaires du roi d' Angleterre (et déçu de ne jouer qu' un rôle mineur dans les projets de celui ci) cherche à établir un front uni contre l' envahisseur. Une sorte d' union sacrée avant l' heure.

La paix du Ponceau n' était qu' une première étape, le duc et le dauhin devant se retrouver en septembre à Montereau...
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Boucicaut (Gamot)

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MessageSujet: Re: 11 juillet 1419 La Paix du Ponceau    Mer 19 Oct - 7:39

Le texte de la paix du ponceau, ainsi que les signataires (source: religieux de saint denis):

Citation :
Teneur du traité conclu entre monseigneur le dauphin et le duc de Bourgogne.

Charles, fils du roi de France, dauphin de Viennois, duc de Bern « et de Touraine, comte de Poitou , et Jean, duc de Bourgogne, comte « de Flandre, d'Artois et de Bourgogne, seigneur de Malines et de « Salins, à tous ceux qui les présentes lettres verront, salut.

Les divisions qui règnent depuis longtemps dans le royaume, entretenues par les ressentiments que nous avions conçus dans nos « cœurs les uns contre les autres, nous, nos serviteurs et nos vassaux, « et par les trompeuses apparences qui abusaient nos esprits, nous ayant empêché de vaquer et de travailler de concert aux importe tantes et difficiles affaires qui touchent notre seigneur le roi et son royaume, et de résister aux damnables agressions des Anglais, ces anciens ennemis de sa royale majesté et les nôtres, lesquels, à l'occasion et à la faveur desdites divisions, ont osé envahir le royaume « avec tant d'audace, en ont conquis de fait, en possèdent et en occupent une grande partie, et pourraient y étendre encore leurs « usurpations, si les choses restaient dans l'état où elles sont actuelle tuent, savoir faisons que, considérant 'attentivement les maux et inconvénients sans nombre qui pourraient résulter desdites divisions, si elles n'étaient pas apaisées, et exposer le domaine royal tout entier à la plus cruelle tyrannie, peut-être même à une ruine com« plète, ce qui tournerait au déshonneur de chacun de nous, qui sommes , après monseigneur le roi, plus intéressés que qui que ce « soit à défendre ses États, et qui désirons de tout notre cœur, ainsi que nous y sommes tenus, porter remède à de si grands maux, < nous nous sommes réunis à cette fin, après plusieurs pourparlers « qui ont eu lieu précédemment et encore aujourd'hui entre nos dé« putes, et nous sommes abouchés pour l'honneur et révérence de Dieu, et principalement dans l'intérêt de la paix, à laquelle doit « être disposé tout bon catholique, et afin de soulager la France de l'intolérable oppression qui l'accable, nous promettons d'un commun accord et jurons entre les mains du révérend père en Jésus Christ, Alain, évêque de Saint-Pol-de-Léon , légat de notre seigneur le pape, envoyé vers nous pour l'union et la paix de ce royaume, ainsi que sur le corps de Notre Seigneur et la main sur les saints Evangiles, par notre foi mutuelle et sur notre parole de prince, d'accomplir les choses ci-après mentionnées:


Et d'abord, nous Jean, duc de Bourgogne, tant que nous vivrons, nous honorerons particulièrement, après la personne de notre seigneur le roi, monseigneur le dauphin; nous lui obéirons de tout « notre cœur et de toute notre âme de préférence à tout autre et selon que "l'exige son rang; nous ne souffrirons pas qu'il soit fait quelque chose à son préjudice; nous l'aiderons au contraire de tout notre pouvoir « à conserver et maintenir son état et ses prérogatives; nous ferons "toujours voir que nous sommes son vrai et fidèle cousin; nous dé« fendrons ses intérêts et son honneur, et nous éviterons par tous les « moyens possibles ce qui pourrait lui nuire. Et s'il arrivait que quel« qu'un , de quelque qualité qu'il soit, voulût lui faire la guerre ou lui causer quelque préjudice, nous le servirons en pareil cas de tout « notre pouvoir envers et contre tous, comme s'il s'agissait de notre « propre cause

Et semblablement nous, Charles, dauphin de Viennois, tant qu'il w plaira à Dieu de nous prêter vie, à quelque rang et puissance que « nous parvenions, nous promettons d'oublier tout le passé, d'aimer « d'une bonne et fidèle affection notre très-cher cousin et ami le duc « de Bourgogne , de le traiter avec égards dans toutes ses transactions « et affaires comme notre bien-aimé et fidèle parent, de défendre de « tout notre pouvoir ses intérêts et son honneur, d'éviter ce qui pour rait lui nuire, de maintenir son état et ses prérogatives; et si quel« qu'un essayait de lui porter préjudice, nous le secourrons toutes « les fois qu'il nous en requerra, nous le soutiendrons et l'aiderons envers et contre tous, fût-ce contre ceux de notre sang ou tous « autres qui voudraient, au sujet des événements qui se sont passés dans le royaume, élever quelque réclamation contre lui ou contre « les pays qui sont de son domaine ou de sa dépendance; nous le « défendrons de tout notre pouvoir envers et contre tous.

Item, nous Charles, dauphin, et nous Jean, duc de Bourgogne, nous vaquerons et pourvoirons en bonne intelligence, chacun selon « notre état, à toutes les affaires de ce royaume, et n'entreprendrons « rien l'un contre l'autre.

Et si nos serviteurs et officiers faisaient quelque rapport à la charge de quelqu'un de nous pour renouveler nos divisions, nous nous en avertirons mutuellement avec loyauté, et n'ajouterons point foi à « ce qu'on aura pu dire; mais en bons et fidèles parents, touchant de si près à la couronne de France, nous travaillerons d'un commun « accord et sans arrière-pensée à repousser les ennemis dudit royaume « el à protéger les sujets du roi; nous ne ferons ni pacte ni traité
avec lesdits ennemis sans le consentement réciproque de chacun de u nous, et pour le bien évident du royaume.

Nous ne traiterons non plus avec aucuns rois, princes ou communes, quand même ces princes seraient de notre sang ou autres, « quels qu'ils soient, qui pourraient porter préjudice à l'un ou à « l'autre de nous. Et qui plus est, dans les traités et alliances à venir, « l'un de nous fera toujours comprendre l'autre nommément. Et si, « avant la date des présentes, il avait été conclu avec les anciens « ennemis du royaume ou d'autres quelques traités préjudiciables « à l'un ou à l'autre, nous y renonçons dès à présent, les déclarons « entièrement nuls, et les considérons comme étant de nul effet.
« Et nous promettons, comme ci-dessus, d'observer fermement et « intégralement toutes les choses susdites, et de n'y pas contrevenir. « Et si quelqu'un de nous, par sa-propre volonté ou autrement, ce « qu'à Dieu ne plaise! violait ce traité, nous entendons et voulons » que les serviteurs et sujets du violateur des traités, tant présents « que futurs, ne soient point tenus, après ladite infraction, d'obéir à « leur maître, mais qu'ils puissent adhérer et obéir à l'autre: auquel « cas ils seront dégagés de tous les serments, promesses et engagements exigés antérieurement d'eux, et pour lors, et dès à présent, « nous les dégageons desdits engagements, sans que cela puisse leur « être imputé à charge ou à injure.

Et pour plus grande sûreté et garantie des choses susdites, et « afin que nous ne puissions concevoir aucun soupçon à l'égard des « officiers de l'un ou de l'autre, nous voulons et ordonnons que nos « principaux officiers jurent en notre présence entre les mains dudit « évêque de Saint-Pol-de-Léon, pour leur propre part, en tant que « lesdites choses peuvent les toucher, et spécialement, qu'ils main« tiendront entre nous de tout leur pouvoir une bonne et véritable affection, qu'ils ne chercheront à empêcher en rien notre accord, « et que s'ils viennent à découvrir quelque empêchement, ils nous en avertiront sans délai.

Et de ce, ainsi que de toutes les autres choses susdites, ils prêteront un serment solennel, qu'ils scelleront de leurs propres sceaux.

Ont juré notamment sur les saints évangiles nos fidèles et bien« aimés serviteurs de notre part à nous, dauphin : monseigneur Jacques de Bourbon, maître Robert le Maçon, notre chancelier, le vicomte de Narbonne, messire de Barbasan, messire d'Arpajon , messire du Bocage, messire de Beauveau, messire de Montenay, messire de Gamaches, messire Tanueguy du Châtel, messire Jean Louvet, président de Provence, Guillaume d'Avaugour, Hugues des Noyers, Jean du Mesnil, Pierre Frottier, Guichard de Bosredon, « Colard de la Buigne. Ont juré également nos fidèles et bien-aimés serviteurs de notre part à nous, duc de Bourgogne : le comte de « Saint-Pol, messire Jean de Luxembourg, messire Archambaud de Foix, seigneur de Navailles, messire d'Antoing, messire Thibault Seigneur, messire Jean de Neufchâtel, messire de Montaigu, messire « de la Trémoille, Guillaume de Vienne, messire Pierre de Beaufïire mont, grand prieur de France, messire Gauthier des Roches, mes« sire Charles de Lens, messire Jean sire de Cotebrune, maréchal de Bourgogne, messire Jean sire de Toulongeon, messire Régnier Pot, messire Pierre de Giac , messire Antoine de Toulongeon, messire Guillaume de Champdivers, Philippe Jossequin, maître Nicolas Raulin.

En outre, pour plus grande garantie des choses susdites, nous « voulons et consentons que les seigneurs de la famille de notre sire le roi jurent et promettent semblablement de tenir et observer cette « présente alliance, ayant pour agréables l'union et la concorde ainsi « affermies, aussi bien que les ecclésiastiques, les nobles et les bourgeois des bonnes villes de nos pays et domaines, et de ceux de notre sire le roi. Et nous nous soumettons, nous et chacun de nous, pour l'observation et l'accomplissement des choses susdites, à l'au«torité de notre sainte mère l'Église, de notre seigneur le pape ou u de ses commissaires. Nous voulons et consentons qu'ils nous con traignent à accomplir et observer toutes et chacune des choses sus« dites par excommunications, anathèmes, aggraves et réaggraves, interdits mis sur nos terres, et par toute autre censure ecclésias« tique qu'on pourra imaginer. En témoignage de quoi, nous et cha» cun de nous avons signé les présentes et y avons apposé nos sceaux

Donné au lieu de notre entrevue, sur le Ponceau qui est à une « lieue de Melun, le mardi onze juillet de Tau du Seigneur mil quatre c cent dix-neuf.
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Boucicaut (Gamot)

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MessageSujet: Re: 11 juillet 1419 La Paix du Ponceau    Mer 19 Oct - 7:50

La promulgation et la portée de cet accord
(toujours d' après le religieux de St denis):

Citation :
L'alliance conclue entre les princes est publiée, à la grande satisfaction du peuple; mais il n'en résulte aucun bien pour le royaume.

La paix qui venait d'être conclue fut proclamée dans les rues et les carrefours, selon l'antique usage, au son des trompettes et autres instruments. Les habitants du royaume et surtout les Parisiens firent éclater leur allégresse à cette occasion. Il y eut partout des illuminations et des feux de joie, autour desquels des troupes de jeunes filles et d'enfants formaient des danses en chantant. Devant les portes des maisons furent dressées des tables chargées de mets et de vin. qu'on offrait gracieusement aux passants. Pendant plusieurs jours aussi, à Paris et ailleurs, le clergé, en témoignage d'allégresse spirituelle, fit des processions solennelles d'église en église en chantant des litanies, et n oublia pas en célébrant l'office divin de remercier le Seigneur pour la réconciliation des princes.

Cependant les désordres ne cessèrent pas pour cela dans le royaume. Ceux qui étaient au service des princes ne renoncèrent point à leurs profonds ressentiments ni à leur haine invétérée et implacable. Plus animés que jamais les uns contre les autres, ils se faisaient un point d'honneur et un titre de gloire de s'emparer par ruse et par trahison, au détriment du parti contraire, des villes royales et des places fortes du voisinage. Ils continuaient à exercer avec la même fureur leurs pilleries, leurs brigandages et leurs dévastations, et ils avaient soin surtout d'approvisionner lesdites places de toutes sortes de vivres, afin de pouvoir s'abandonner plus librement au libertinage, au jeu de dés et à toutes sortes d'orgies et de débauches. Souvent ils sortaient en appareil de guerre, non pour combattre l'ennemi, mais pour courir, avec la violence de l'ouragan, à travers les champs et les grands chemins, et pour traquer les voyageurs et les marchands comme des bêtes fauves, et quand ils les avaient faits prisonniers, ils leur extorquaient à force de tourments d'énormes rançons.

Lesdits princes n'ignoraient pas ces excès; ils savaient bien que leurs gens exerçaient, comme auparavant, toutes sortes de cruautés contre les habitants. Aussi, comme ils laissaient se prolonger cet état de choses plus qu'il ne convenait, les gens sages en conclurent que des promesses qu'on se pressait si peu de remplir n'avaient pas été sincères, et ils n'espéraient guère qu'il pût en résulter une paix solide.

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