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 [Bourguignon] Jean de Villiers de L'Isle-Adam

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Boucicaut (Gamot)

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MessageSujet: [Bourguignon] Jean de Villiers de L'Isle-Adam   Mar 15 Nov - 12:36

Jean de Villiers de L'Isle-Adam

Citation :
Seigneur de L’Isle-Adam et de Villiers le Bel, Maréchal de France, Conseiller et Chambellan du duc de Bourgogne puis du roi de France.

Jean de Villiers serait né en 1384 à Beauvais. A la mort de son père, en 1398, étant encore mineur, il reste donc sous la tutelle de sa mère Jeanne de Châtillon jusqu’à sa majorité.

Le 3 juin 1402, le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, venant de Creil, passe par l'Isle-Adam où il s'arrête pour dîner.


Le 10 mars 1411, Jean de Villiers, seigneur de l'Isle-Adam et Valmondois, fait aveu et dénombrement au roi Charles VI de sa seigneurie. En 1415, il défend, avec quatre cents hommes, Harfleur assiégé par les Anglais. Après 38 jours de résistance opiniâtre, il doit rendre cette place, faute de munitions. Il est fait prisonnier. Après sa libération, il est institué Maître des Eaux et Forêts de Normandie par lettre du 30 octobre 1415 et y sera maintenu jusqu'au 16 mars 1416.

En 1417, la guerre civile éclate entre Armagnacs et Bourguignons. Jean sans Peur, duc de Bourgogne, marche sur Paris. Le Connétable Bernard, comte d'Armagnac, hâte les préparatifs de défense du royaume de France. Le sire de L'Isle-Adam lui fait dire que, s'il voulait lui fournir cent chevaliers et autant d’écuyers, il les emploierait à ses frais au service du roi. Le Connétable répond qu'il avait assez de gens. Plusieurs nobles s'offrirent aussi, mais il les refusa. Alors, à la persuasion de Charles de Moy, Jean de Villiers s’engage dans la faction du duc de Bourgogne.

Le château de Beaumont-sur-Oise, qui avait été pris par Jean sans Peur, est repris par les gens du roi : " Le duc de Bourgogne, voyant que Beaumont lui serait bien céans, vint devant la place, l'assiégea et, par le moyen du Seigneur de L'Isle-Adam, elle luy fut rendue ; de là, il s'en alla à Beauvais et mit de toutes parts garnisons autour de Paris. Pontoise se rendit au duc de Bourgogne. " Le sire de L'Isle-Adam, qui avait livré passage au duc Jean le 5 septembre lors de sa marche sur Paris, lui fait serment de tenir son parti.

En l418, Jean de Villiers, est nommé capitaine de Pontoise par Jean sans Peur. Le 29 mai, à la tête de seulement 800 cavaliers, qu’il avait prélevés sur des forteresses voisines de Pontoise, il réussit, avec la complicité de quelques parisiens, à s'emparer nuitamment de la ville de Paris. Le Prévôt de Paris, Tanguy-du-Châtel, n'eut que le temps d'enlever le Dauphin à l'hôtel des Tournelles pour l'emmener à Melun. Le sire de l'Isle-Adam court à l'hôtel Saint-Paul et se présente au roi Charles VI. Dès le levé du jour, Jean de Villiers fait monter le roi à cheval et le montre aux parisiens en disant qu'il l'avait délivré. Peu de jours avant, Jean de Villiers avait été nommé Maréchal de France.

Le 27 juillet, le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, qui était entré dans Paris avec la reine Isabeau, confirme Jean de Villiers dans l'office de Maréchal de France. Profitant de la guerre civile, les Anglais envahissent la Normandie et une partie de la Picardie. Le duc de Bourgogne confie à Jean de Villiers la garde de Pontoise. Mais dans la nuit du 29 juillet 1419, celui-ci est surpris par une attaque anglaise. Ne disposant que d’une garnison réduite, et après s’était battu vaillamment dans les rues de la ville sans prendre le temps de vêtir son armure, il se retire dans son château de l'Isle-Adam.

Le 20 mai 1420, après l'assassinat de Jean sans Peur au Pont de Montereau-Faut-Yonne (10 septembre 1419), son fils Philippe le Bon conclut le traité de Troyes.

Jean de Villiers va trouver au siège de Melun le roi d'Angleterre, Henri V, et lui explique le sujet de son voyage. Le roi, qui sans doute trouvait que le maréchal ne se présentait pas devant lui avec assez de cérémonie, lui dit d’un ton railleur :

- " Lille-Adam, est-ce là une robe de Maréchal de France ? "

Et le Sire de Lilladam répondit sans se troubler en regardant le roi :

- « Sire j’ai fait faire cette robe gris-blanc pour venir ici par eau, sur les bateaux de la rivière de Seine ».

Et en parlant, il regardait Henri en face. Alors le Roy lui dit :

- « Comment osez-vous ainsi regarder un Prince au visage en lui parlant ? ».

Et Lilladam répondit :

- « Très redouté Seigneur, c'est la coutume en France que, quand un homme parle à un autre, de quelque rang et quelque puissance qu’il soit, il passe pour un mauvais homme et peu honorable, s’il n’ose pas le regarder en face. »

Et le Roy en l’interrompant dit :

- « Ce n'est pas notre guise ».

Il montra bien qu'il en voulait beaucoup au Sire de Lilladam. La suite le montra encore mieux.

En effet, il le fait arrêter par le duc d’Exeter et enfermer à la Bastille. Le peuple de Paris se révolte alors pour le défendre. 1000 ou 1200 hommes prennent les armes pour l’arracher aux anglais. Le duc d’Exeter fait avancer ses archers et tirer sur le peuple, en promettant que bonne justice sera faite au seigneur de l’Isle-Adam Celui-ci restera longtemps en prison et n’aura la vie sauve que grâce aux instances répétées de Philippe le Bon en sa faveur. Le 22 janvier l421, il est destitué de sa charge de Maréchal de France.

Après la mort de Henri V, 1e duc de Bedford, qui passait pour un prince sage, est nommé Régent du royaume. Un des premiers actes de son gouvernement fut d’accorder en 1422 au duc Philippe la liberté du sire de l’Isle-Adam, qui malgré les soupçons répandus parmi les anglais, resta fidèle bourguignon, et ne passa point dans le parti du dauphin. Le duc de Bedford l’envoya lever des troupes en Picardie, le fit rembourser des pertes et dommages qu’il avait subits.

En 1424, Jean de Villiers dirige le premier siège de Compiègne, et Bedford le nomme garde et capitaine du château royal du Pont de Choisy, près de Compiègne.

En 1426, Le duc de Bourgogne envoie en Hollande Jean de Villiers, à la tête de chevaliers Picards et de Flandre, affronter les zélandais. Le sénéchal du Boulonnais, André de Balin, ayant été tué au cours de cette bataille, le duc nomme Jean de Villiers à ce poste le 18 janvier 1426. L’année suivante il délivre la ville de Horn assiégée. Il est fait capitaine de cette ville. On le retrouvera ensuite aux batailles de Zevemberg, d’Amersfort et d’Ossterblocker et rentre en France à la fin de l’année 1427.

Les environs de Paris étaient alors ravagés par des bandes de brigands. Sauvage de Frémainville, écuyer, hardi chef de partisans, arrêtait les passants et les rançonnait. Il s'en prit même au duc de Bedford. Par ordre de celui-ci, Motelet de Béthencourt, chevalier du guet, envoya une troupe d'archers et d'arbalétriers à l'Isle-Adam. Attaqué dans le château, de Frémainville se défendit et blessa mortellement un des assaillants. Néanmoins, il fut capturé le 15 décembre 1427. " Ce bandit fut aussitôt mis sur un cheval, les pieds liez et les mains, sans chaperon et admené à Bagnolet, où le Régent estoit, qui tantost commanda que sans nul délay on l'allast pendre au gibet hastivement, sans être ouy en ses défenses. " L'exécution se fit avec une cruauté incroyable et le criminel ne fut dépendu du gibet que neuf mois après, le 20 septembre l428. Quant à Béthencourt, il fut gratifié par le Roi d'une rente annuelle de deux cents livres sur les biens de Frémainville.

Cette même année, Jean de Villiers fut nommé capitaine du château du Louvre et, en 1429, gouverneur de Paris. La même année il soutient le siège de la ville, avec Jean de Créquy, contre la Pucelle d’Orléans. Il étouffe une conspiration des prisonniers de la Bastille qui allaient livrer la porte St Antoine aux assaillants. Il fait noyer tous ceux qui s’étaient compromis.

En récompense de ses services, Philippe le Bon lui confère, le 10 janvier 1430, l'Ordre de la Toison d'Or qu'il venait de créer à l'occasion de son mariage avec Isabelle de Portugal.

Le duc de Bedford le rétablit dans sa charge de Maréchal de France le 2 mai 1432. Il l’avait retenu, dès le 25 avril précédent pour servir au siège de Lagny, et pour la garde des forteresses de l’Isle-Adam et de Chambly. Par lettre du 12 septembre suivant, il l'engage pour la garde du château de Corbeil et le 4 février de la même année pour la garde et la sûreté de la ville de Paris. Il lui accorde aussi 300 livres par mois pour l’état de sa personne.

Le 21 avril 1434, il le retient pour servir en la compagnie du sire de Talbot, entre les rivières de Seine, de Somme et d’Oise jusqu’à la mer, et mettre les sièges à Beaumont-sur-Oise, à Creil et autre part durant les mois de mai et de juin.

Après la paix d'Arras (21 septembre 1435), avec le consentement du duc de Bourgogne, il fait sa soumission au roi Charles VII et délivre Pontoise des Anglais où il met 40 hommes en garnison. Le 13 avril 1436, il assiège Paris aux mains des Anglais, commande l’assaut, et prêchant l’exemple, monte le premier sur les remparts et y plante l’étendard de France. Il rétablit l’autorité et la puissance de celui qu'il avait chassé de la capitale18 ans plus tôt.

Le 12 février 1437, les Anglais reprennent à nouveau Pontoise pendant la nuit, profitant de ce que tout était couvert de neige : revêtus de manteaux blancs, ils escaladent les murs d’enceinte sans rencontrer de résistance. Le maréchal de l'Isle-Adam, se voyant surpris, est contraint une nouvelle fois à s'enfuir.


Le 22 mai 1437, il périt à Bruges, en aidant le duc de Bourgogne à réprimer des troubles. Tous deux étaient entrés dans la ville à la tête d'une compagnie d'archers picards ; mais les séditieux firent une vigoureuse résistance et leur tuèrent une centaine de soldats. Alors Jean de Villiers mit pied à terre et se porta en avant, persuadé qu'il était suivi, mais il se trouva seul au milieu de la multitude et fut massacré sans que l'on eût le temps de le secourir. Il ne tomba qu’après s’être entouré d’un monceau de cadavres. On lui arracha son collier de la Toison d'Or, on le dépouilla de ses vêtements et on le traîna dans les rues. On désigna cette journée de Vêpres Brugeoises. Par ordre du duc, sa dépouille fut inhumée sans cérémonie à l’hôpital St Jean, d’où elle fut transférée le 14 février 1438 avec grande solennité en l’église Saint-Donat, après la signature de la paix. La perte de ce vaillant chevalier toucha fortement le duc ; aussi dans le traité conclu le 17 février 1438, il stipula formellement qu’une somme de 10.000 couronnes d’or serait payée par la commune de Bruges au fils du trépassé, et qu’un anniversaire solennel serait célébré chaque année, à perpétuité, en présence du magistrat, pour le repos de l’âme de son excellent serviteur, qui était son conseiller et chambellan.

Par son mariage avec Jeanne de Vallangoujard, Jean de Villiers avait réuni au domaine de L'Isle-Adam, les terres de Vallangoujard, de Fontenelle et d'Amblainville.

A la demande du duc de Bourgogne, Philippe le Bon, il avait composé vers 1435, un traité de duel judiciaire.


Jean de Villiers de l'Isle-Adam laissa quatre fils et deux filles :

- Jacques de Villiers, qui lui succéda ;

- Philippe de Villiers, abbé de Saint-Lucien de Beauvais, mort en 1492 ;

- Jean de Villiers, seigneur d'Ermenonville ;

- Charles de Villiers, seigneur de Cheptainville, près de Montlhéry, dont il fit hommage le 20 décembre 1483 ;

- Anne de Villiers ;

- Perrenelle de Villiers, mariée à Antoine de Billy, seigneur de Beauregard.


Jeanne de Vallangoujard survécut encore neuf ans à son mari.


référence:Les seigneurs de Ville-Adam

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